Logement : Interpellation des candidats aux municipales

L’action solidaire, sociale et juridique menée par les associations d’accompagnement et de lutte contre le mal logement est plus que jamais d’actualité. La hausse de la pauvreté dans notre pays et sur notre territoire Meurthe-et-mosellan est inquiétant à plus d’un titre et la multiplication des signalements de mal logement en est l’un des symptômes.

Photo ©sitoitlien

Nous interpellons aujourd’hui officiellement les élus locaux, actuellement en place comme les futurs à l’être, pour que le sujet du logement soit central : il est la clé de voûte de toute vie sociale et protégée. Il ne doit pas être vecteur de problématiques de santé et d’inquiétude permanente de pouvoir payer son loyer lorsque l’inflation et les situations mondiales viennent grever un budget déjà fragilisé par le coût de l’énergie nécessaire pour se chauffer et se nourrir.

Nous accompagnons près de 400 signalements nouveaux chaque année ! Soit près de 3000 foyers en 8 ans d’existence de notre association. Notre présence sur le territoire est rendue possible grâce à des partenariats (Fondation pour le logement, CAF 54, ARS Grand Est, Grand Nancy, des communes comme Maxéville, St Nicolas de Port, Vandoeuvre, Nancy, Laxou), preuve s’il en est de notre utilité et d’une forme de délégation d’action publique par des pouvoirs publics.

©Est Républicain – parution 11.03.2026 – Edition Nancy

Par ailleurs, depuis 3 années, nous constatons une hausse anormale du nombre de logements dans le parc HLM que nous visitons qui ne répondent plus aux critères de décence du logement (52% des signalements en 2025), entre moisissures et humidité non traitées et incriminées souvent à tort aux occupants (90% des signalements reçus), absence de considération de l’urgence à traiter les nuisibles (blattes, punaises de lit, rats), dégradation des espaces communs… alors que dans le même temps, les loyers augmentent chaque année !

Photos ©sitoitlien

Dans le parc privé de l’habitat la situation est identique et des familles sont souvent confrontées à des propriétaires-bailleurs indélicats qui n’investissent plus, ne répondent plus à des demandes légitimes de mises en conformité ou qui, pour se débarrasser d’un logement trop cher à rénover, engagent des congés pour vente obligeant des familles à quitter leur habitat... alors que l’offre de logements privés ou sociaux est en baisse ou que les prix des loyers sont inabordables.

Aussi, dans ce contexte et au nom des familles que nous accompagnons, nous proposons aux candidats et futurs élus :

1/ La mise en marche immédiate de construction accrue, d’amélioration et d’accès à des logements décents pour tous, avec un axe particulier sur le logement social en donnant les capacités aux offices HLM de faire leur métier correctement.

2/ Un moratoire sur l’augmentation des loyers du parc HLM tant que les immeubles ne sont pas rénovés, les travaux engagés, mais aussi une réduction immédiate du loyer pour les familles dont les logements ont été diagnostiqués comme non décent.

3/ Une prévention des expulsions locatives dédoublée prenant en compte la dégradation économico-sociale actuelle généralisée et l’application immédiate de propositions de relogement à des familles dont le logement serait plus cher, trop grand et générateur d’impayés de loyers : cette prévention pourrait passer par des équipes mobiles mises en place par les CCAS locaux dans une plus grande coordination avec les CCAPEX.

4/ Un plan de financement clair et opérationnel pour la mise en place rapide d’un (ou des) agent(s) dédié(s) au contrôle de décence/salubrité des logements HLM favorisant une réelle coordination d’amélioration de l’habitat.

5/ La mise en place, sur notre département, de la conservation de l’aide au logement pour le parc HLM comme cela se pratique pour le parc privé. Cet outil juridique porté par la loi ALUR ne s’applique pas aux bailleurs sociaux pour d’obscures raisons : or, la loi est identique pour tous et toutes. La conservation est un levier efficace auprès des bailleurs privés, elle doit l’être dans le parc social.

6/ La mise en place d’un réel plan d’accompagnement des personnes en difficultés dans leur logement, pour que les mesures d’hygiène nécessaires soient expliquées et suivies notamment en cas d’infestation de nuisibles.

7/ Une réflexion sur le droit de retrait exercé par des entreprises techniques ou des aidants à domicile (repas, ménage) qui, si nous pouvons entendre leurs craintes en cas d’infestation de nuisibles par exemple, peuvent laisser des personnes en totale solitude et difficultés.

8/ Une action forte pour mettre sur le marché locatif les près de 9000 logements sur Nancy et les milliers d’autres sur le département en incitant les bailleurs privés à mettre en conformité, à relouer et/ou à déléguer leurs gestions à des agences immobilières à vocation sociale. Nous connaissons trop d’immeubles vides à Nancy centre qui pourraient rendre heureux des personnes aujourd’hui mal logées.

9/ La mise en place d’espaces communs dans les immeubles sociaux et privés pour favoriser les échanges et les rencontres avec les habitants d’un même immeuble. Dans ces espaces communs pourront émerger de la solidarité, de l’intergénérationnel, de l’entraide et des compétences, sans contraintes horaires et en laissant le droit à l’expérimentation.

10/ Une reconnaissance et un soutien accrus aux actions menées par les travailleurs sociaux et les associations œuvrant à la lutte contre le mal logement, avec la prise en compte des pénibilités de travail face à la détresse humaine ; ainsi que la valorisation des temps des bénévoles au sein des associations qui facilitent par leurs actions, la solidarité et l’action sociale auprès des plus défavorisés.